Fignolez vos transitions !

Fignolez vos transitions !

De même qu’un morceau de musique n’est pas qu’une suite de mesures mises bout à bout, le massage n’est pas qu’une succession de manœuvres. Il doit se dégager de l’ensemble une harmonie, une fluidité. Cette fluidité, c’est le rôle des transitions de la préserver.

« La différence entre un bon joueur et un très bon joueur, c’est la personnalité. » Raphaël Ibanez (1973-), rugbyman.

Pour la cohésion

Les transitions sont le liant du massage. Ce sont ces petits gestes qui permettent de passer d’une technique à l’autre avec subtilité. C’est l’effleurement qui vous amène du bras à l’épaule, c’est l’enrobé entre deux manœuvres profondes. Les transitions assurent la cohésion de l’ensemble. Elles participent grandement à la mise en confiance du client, à son enfoncement dans l’état de relaxation. Les transitions lui donne le sentiment d’être pris en charge et renforce sa sensation d’être emporté dans un flux de détente. Grâce à elle, il est possible de se détendre même pendant un massage appuyé. Sans elles, vous ne faites que servir du bien-être en tranches. C’est pourquoi elles ne sont surtout pas à négliger.

Le silence

Pourtant les transitions ne sont quasiment jamais abordées en formation. C’est un peu l’enfant pauvre de l’enseignement du massage. Alors que tous les gestes sont abondamment expliqués, les transitions sont le plus souvent passées sous silence. De son côté, la littérature consacrée au massage n’en parle absolument pas. Quant aux dvd, ils s’attardent rarement dessus. Tout l’enseignement technique est focalisé sur les manœuvres : le placement des mains, la force, le sens, la vitesse, le rythme, etc. Mais rien sur les transitions.

Votre signature

Et c’est tant mieux. Car l’art de la transition est très personnel. C’est précisément dans ce domaine que vous pourrez le mieux définir votre style et non pas dans la maîtrise de manœuvres standardisées. C’est en soignant les raccords que vous ferez la différence et que vous affirmerez votre signature. En musique, il y a d’excellents techniciens qui jouent la partition à la perfection, sans écart, mais avec fadeur ; et puis il y a ceux qui ont le groove, qui invitent l’émotion. Si vous voulez être de ceux qui ont le groove, de ceux qui guident leurs clients vers les plus profonds niveaux de bien-être, de ceux qui rencontrent le succès, vous devez travailler vos transitions.

Un travail de laboratoire

La transition est un travail de recherche personnel qui se situe en dehors de la formation, mais aussi en dehors de la pratique de cabinet. Vous ne devez pas expérimenter vos transitions sur vos clients. D’abord pour des raisons éthiques : vous ne devez faire payer vos clients que pour des produit finis. Deuxièmement pour des raisons pratiques : si une transition ne fonctionne pas comme vous l’imaginiez, vous devriez pouvoir recommencer librement autant de fois que nécessaire. C’est souvent en tâtonnant que l’on arrive à la solution. Il s’agit d’un véritable travail de laboratoire. Vous devez le mener avec patience et de façon méthodique jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant.

Comment travaillez-vous vos transitions ? Dites-le dans les commentaires.

 

By | 2015-12-27T08:45:30+00:00 22 septembre 2015|Categories: Savoir-faire|Tags: |6 Comments

6 Comments

  1. Nathalie 01.10.2015 at 07:25 - Reply

    Je perçois parfaitement la subtilité des transitions dans le massage. Elles sont nécessaires pour la fluidité mais aussi rassurantes et font du massage un acte global où les enchaînements des gestes augmentent la sensation de bien être et le lâcher prise du masse. Pour moi elles sont indispensables

    • Eric Bah 17.10.2015 at 15:26 - Reply

      C’est exact Nathalie.

  2. picard william 26.09.2015 at 17:22 - Reply

    Bonjour,
    je mélange jusqu’à 6 techniques différentes dans les massages que je propose et pour passer d’une manœuvre à l’autre, je fais confiance en mes mains à leur intuition et à la manière de lier les passages de techniques entre elles. Au de-là de la connaissance rationnelle et de l’intelligence, c’est l’intuition et une vraie écoute qui guide les mains, alors le vrai travail peut commencer (Boris Dolto – le corps entre les mains).
    Je ne pense pas que les transitions se travaillent, elles naissent d’elles même au fur et à mesure de sa propre évolution dans l’appréhension du massage, de son expérience professionnelle au travers des ressentis et des témoignages qui vont confirmer le travail.
    Mais je suis d’accord, les transitions sont importantes dans le mesure où elles harmonisent et fluidifient les techniques entre elles…

    • Eric Bah 17.10.2015 at 15:20 - Reply

      Je vous remercie pour votre témoignage William. Vous avez raison : c’est une excellente approche que de faire confiance à son intuition. Mais pour beaucoup, l’intuition demande de l’expérience. L’improvisation exige du travail. L’écoute se cultive. Les comédiens prennent des cours d’improvisation. Les musiciens improvisent d’autant mieux qu’ils ont travaillé leurs gammes.
      Et pour ceux qui ont naturellement de l’intuition, il est toujours possible de l’améliorer par un travail personnel régulier. Pour moi, tout peut se travailler, y compris les transitions, y compris l’intuition. Tous les meilleurs dans leur discipline continuent de travailler même lorsqu’ils sont sur la première marche du podium. On ne peut jamais estimer qu’on est arrivé au bout.

  3. Jean-Luc MÉRI 23.09.2015 at 03:36 - Reply

    -Quel travail personnel entreprendre sur les transitions ?
    Tout simplement, je me ferai faire plusieurs massages de types différents, par différentes personnes, sur un laps de temps couvrant plusieurs saisons. De là, je ferai une synthèse de ce qui m’a plu et convenu d’une part ; de l’autre de ce qui ne m’a pas plu et pas convenu.
    Pas con le mec, non ? ? ?

    • Eric Bah 17.10.2015 at 15:23 - Reply

      C’est une piste intéressante. Merci Jean-Luc.

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